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Village atypique des calanques

Visite guidée de Mazargues

Partez à la découverte de Mazargues, un village-quartier de Marseille aux portes des calanques, où il fait bon vivre et où les artisans locaux vous partagent leur savoir-faire.

Publié le 22 juin 2021
Jade Orengo
Jade Orengo
  • Marseille en 3 mots

    Merveilleuse, diversifiée, natale.

  • Mon quartier coup de cœur

    Les Goudes, et leur côté si tranquille (en hors saison) pour aller siroter un verre et prendre l’apéro face au coucher du soleil.

Un des 111 villages de Marseille

Un quartier aux portes des calanques

Il est 10h quand la guide, Sarah, nous accueille au pied de l’obélisque de Mazargues, situé au sud de la ville dans le 9eme arrondissement de Marseille. Cet imposant monument érigé en l’honneur de la naissance du Roi de Rome, était situé auparavant sur la place Castellane, d’où il a été déplacé en 1911 pour laisser place à une fontaine. Situé à environ 6 km du centre-ville de Marseille, Mazargues était à l’origine un village rural où l’activité tournait principalement autour de la pêche et de l’agriculture. Peu à peu, il a été rattaché à la ville de Marseille, mais garde toujours son charme d’antan.

A côté de la place Saint-Roch sur laquelle se situe l’Eglise Notre-Dame du Mont Carmel, nous apercevons la “Route de Morgiou”. Dans le temps, c’était la seule route qui menait aux Calanques. Le matin, les ânes venaient seuls de Sormiou pour ramener le poisson frais au village !

Nous déambulons dans les ruelles colorées où il fait bon vivre.

Des constructions luxueuses

Mais Mazargues ce n’est pas seulement des maisons de village, ce sont aussi des bastides marseillaises luxueuses qui ont appartenu à de nombreuses familles nobles comme la famille d’Ornano, Grignan ou encore Madame de Simiane, fille de la célèbre marquise de Sévigné. Elle a d’ailleurs logé dans un château fort situé près de la rue du Puits, appelée la “Rue de la pompe” par les mazarguais. Ce château fut incendié et il ne reste aujourd’hui plus qu’un pont, témoin de l’emplacement d’un ancien pont levis.
Difficile de s’imaginer que quelques siècles plus tôt, Mazargues était principalement formé de marécages !

On n’y voit que des personnes qui meurent à cent ans ; on ne connait point les maladies ; le bon air et les bonnes eaux y font régner non seulement la santé, mais la beauté. Dans le canton vous ne voyez que de jolis visages, que des hommes bien faits, et les vieux comme les jeunes ont les plus belles dents du monde. S’il y a un peuple qui arrive à l’idée du peuple heureux représenté dans Télémaque, c’est celui de Mazargues.

Françoise-Marguerite de Sévigné/ Madame de Grignan

Une visite insolite et gustative

Les artisans locaux mis à l’honneur

Nous faisons une petite pause dans la rue Emile Zola, ou “Grand rue” pour les locaux, pour découvrir une fromagerie 100% locale. Un plateau de fromages est préparé pour notre groupe par la fromagerie du village, la Maison Marin. J’ai l’eau à la bouche ! Nous nous installons donc sur la place du marché, à l’ombre des arbres, car le soleil est écrasant. Il est 11h15, cette dégustation tombe à point nommé !

Sarah en profite pour nous conter l’histoire des petites industries qui se sont créées à Mazargues. Il existait notamment sur ces lieux le travail des auffes (graminées utilisées pour faire des cordages, nattes, filets), utilisés pour fabriquer des filtres pour extraire l’huile d’olive, et un peu plus tard des espadrilles.

Mazargues est un quartier qui « s’auto-suffit » à lui-même. Les mazarguais ont tout sur place : l’église, le marché, les commerces locaux, des lieux de convivialité… Les habitants disent qu’ils n’ont pas besoin de « descendre » souvent en centre-ville.

Cimetières, les souvenirs du passé de Marseille

Nous pénétrons dans le cimetière civil de Mazargues. Je suis étonnée d’entendre les premiers sons de cigales qui accompagnent le champ des oiseaux. Le lieu est particulièrement végétalisé et fleuri. Les tombes sont toutes magnifiquement ornées de fleurs, majoritairement en porcelaine. Certaines sont semblables à de petits monuments tellement elles sont imposantes, l’une d’elles ressemble même à Notre-Dame de la Garde avec sa coupole !

De nombreuses familles politiques sont enterrées dans ce cimetière, notamment la famille de Jean-Claude Gaudin, ancien maire de Marseille, qui est un enfant du quartier.

Puis, nous nous dirigeons vers une porte un peu cachée, et la guide me demande de l’ouvrir. Nous découvrons surpris, un autre cimetière, le cimetière militaire du Commonwealth, qui a une tout autre allure. Je suis immédiatement surprise par le décalage entre ces deux lieux de mémoire. Ici, tout est aligné et parfaitement entretenu ! C’est la Commonwealth War Graves Commission (CWGC) qui est chargée de préserver les tombes et mémoriaux, en respectant une charte très stricte.

Le Saviez-vous ?

En 1946, un C-47D Dakota de la Royal Air Force s’est crashé dans le massif de Marseilleveyre suite à une tempête de neige et des vents violents. 26 des occupants de l’avion sont morts sur les 28 présents sur le vol. Les 26 corps sont enterrés au cimetière militaire de Mazargues, où chaque année est organisée par l’association les Calancoeurs et le CIQ de Callelongue, une commémoration avec les familles des victimes.

Bon à savoir

Cette visite est proposée pour des groupes privés souhaitant découvrir la ville sous un autre angle, et s’immerger dans la vie marseillaise ! De nombreuses dégustations peuvent alors être prévues : pâtisseries locales, fruits de mer (lorsque c’est la saison).

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