Un jeudi au village de La Treille

Plongée dans le monde de Marcel Pagnol

Partir visiter la Treille, cela donne l’impression de quitter Marseille. Pourtant ce jeudi matin, j’ai seulement pris depuis la Timone, un bus public de la RTM pour rejoindre le village des souvenirs de Marcel Pagnol. Car aujourd’hui j’ai décidé d’en savoir plus sur ce quartier et cet auteur dont le nom est indéniablement associé à Marseille. 

Le rendez-vous est fixé au terminus du bus n° 12S. Brigitte, la guide nous attend sur place en signalant sa présence avec un petit panneau aux couleurs de l’Office du Tourisme de Marseille. Chouette, je suis au bon endroit. Nous attendons quelques minutes pour que l’intégralité des participants arrive, puis mon groupe se met en route sur le chemin des souvenirs du « petit Marcel » et des lieux de tournage 

Dans la présentation du parcours, je découvre des quartiers surprenants, loin de l’image de la ville tentaculaire que l’on peut avoir de Marseille. La Treille, c’est vraiment la campagne dans la ville. Un arrêt devant une branche du Canal de Marseille permet de mesurer l’importance de l’arrivée de l’eau de la Durance pour permettre l’irrigation de tout le terroir marseillais. 

J’ai bien fait de mettre des chaussures plates et confortables comme c’était conseillé sur le document de confirmation de la réservation. Le parcours sur lequel Brigitte nous entraîne se fait tout en montée ! 

La visite débute donc par une première d’une longue lignée, pour entrer au cimetière où je découvre la tombe joliment fleurie et décorée de Marcel Pagnol. En quittant les lieux j’admire le paysage. Une vue panoramique couvre la chaine de St Cyr et la Barasse, village où s’arrêtait autrefois le tramway. C’est de là que le petit Marcel et sa famille partaient à pied, pour monter à la Treille. Je marche dans ses pas. 

Malgré toute cette activité commerciale qui grouille à nos portes, la Treille est tranquille, car on ne passe pas à la Treille, on y vient, car notre route est un cul de sac.

Les Amis de Marcel Pagnol

Nous arrivons maintenant au cœur du village. Sur la façade de l’église une plaque commémorative mentionne le nom de David Magnan surnommé « petit frère des collines » par Marcel Pagnol. Ce n’est autre que « Lili des Bellons » dans « la Gloire de mon père ». Je suis complètement immergée dans la poésie des lieux et le monde de Pagnol. La fontaine de la place, le restaurant les Cigalons, les ruines du Cercle et sa place arborée, la villa Pascaline… Brigitte alterne ingénieusement entre récit et lecture d’extraits des œuvres pour nous immerger dans le passé. C’est un voyage dans l’atmosphère d’antan. Certes j’avais bien en tête des images des films de Pagnol mais la magie de cette visite guidée me permet de les retrouver et de les situer ici, in situ.  

La randonnée se termine au bout d’une grande montée, un peu rude, devant la maison de vacances du petit Marcel, la Bastide Neuve. Nous sommes « aux portes du désert », le début du massif du Garlaban. Deux possibilités s’offrent à moi : continuer la balade, mais il aurait fallu emporter plus d’eau pour me désaltérer et surtout un pique-nique, pour m’installer quelque part dans la garrigue, sous un pin ou un olivier pour m’imprégner encore un peu plus des lieux. Cela sera pour une autre fois. Je redescends en direction du cœur de la Treille pour m’attabler sous le grand platane de la terrasse du restaurant les Cigalons, afin d’y déguster des alouettes sans tête (comprenez des paupiettes de bœuf) et prolonger l’expérience dans cet authentique quartier marseillais. 

Un parfum puissant s’éleva comme un nuage, et m’enveloppa tout entier. C’était une odeur inconnue, une odeur sombre et soutenue, qui s’épanouit dans ma tête et pénétra jusqu’à mon cœur. C’était le thym, qui pousse au gravier des garrigues.

La Gloire de mon père, Marcel Pagnol
Nos suggestions