photo mains en train de cuisiner

Les femmes Cheffes à Marseille

Marseille est, selon la légende, née grâce à une femme, Gyptis, qui choisit d’épouser un marin étranger Protis. Alors la place des femmes à Marseille est un sujet, un sujet important. De la cagole à Nana sur le Vieux-Port, de l’entrepreneuse branchée à la mère au foyer, de la grand-mère cuisinant la soupe au pistou à la Cheffe étoilée, nous sommes toutes des femmes de Marseille qui faisons vivre et vibrer cette ville. We should all be feminist, et Marseille la première. Pour cet article, j’ai choisi de mettre en avant les femmes Cheffes à Marseille, qui régalent vos papilles tous les jours de la semaine et font briller la culture gastronomique marseillaise par-delà nos frontières, mais aussi de belles initiatives engagées.

Publié le 7 mars 2024
Estelle Desrutins
Estelle Desrutins
  • Marseille en 3 mots

    Solaire, bouillonnante, authentique

  • Mon domaine de prédilection

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Marie Dijon chez Caterine

Restons dans le 6e arrondissement avec Marie Dijon, Cheffe du restaurant Caterine à la rue Fontange. Cette cantine méditerranéenne 100% féminine a su se faire un nom dans l’offre gastronomique du Cours Ju’ ! « C’est une reconversion professionnelle, j’étais en licence de droit à l’origine, mais à 20 ans j’ai commencé une alternance au lycée hôtelier de Bonneveine avec le restaurant Une Table au Sud, puis j’ai travaillé avec mon mentor Pierre Gianetti au Grain de Sel. A 28 ans j’ai ouvert mon propre restaurant avec ma seconde historique connue à Bonneveine, Eugénie Cénatiempo. On gère le restaurant et la cuisine, et on est toutes les deux marseillaises, on ne quitterait cette ville pour rien au monde ! ». Pour Marie la cuisine chez Caterine c’est avant tout s’en donner à cœur joie, « c’est une cuisine locale, saine et d’humeur ! Je fais en sorte de m’amuser en créant les plats et j’aime à croire que les gens le ressentent quand ils mangent. Il y a plein de textures, de goûts qui s’entremêlent grâce aux idées et au non gaspillage. ».

Sur l’évolution positive  du monde de la cuisine, notamment grâce aux femmes, « les langues se délient petit à petit, les femmes osent plus qu’avant et s’émancipent complètement en créant leurs lieux, ainsi il n’y a plus de risque qu’il y ait quelqu’un au dessus pour abuser de son pouvoir ! C’est ce qu’on a fait chez Caterine. » Pour Marie, être un femme Cheffe en 2023 à Marseille c’est dire et montrer que tout est possible, « il y a une entraide naturelle qui est présente avec les copines Cheffes de la ville. C’est une question de sexe mais aussi de génération et d’état d’esprit : du manger local, bien fait, par de belles personnes. On est nombreuses maintenant ici c’est vraiment chouette. ».

Delphine Roux chez Madie les Galinettes

Direction le Vieux-Port, chez Madie les Galinettes, une institution de Marseille pour la cuisine provençale dirigée par Delphine Roux depuis 1995, « acheter ce restaurant c’était mon rêve de petite fille, j’ai été refusée en école hôtelière malheureusement ! Après un détour par la fac de droit j’ai trouvé une formation pour adulte pour obtenir un CAP cuisine, et j’ai rencontré beaucoup de chefs qui m’ont inspirée. »

Depuis toutes ces années c’est son père, ancien chevillard, qui lui apporte ses produits, en direct du MIN des Arnavaux , « il y est dès 4h du matin à sélectionner des produits de saison ! Je prends toujours beaucoup de plaisir à reproduire des plats traditionnels ou d’autres plus originaux, j’ai une super équipe en cuisine, depuis plus de 20 ans pour certains ! J’adore échanger avec les clients. Notre cuisine est une cuisine provençale traditionnelle ; comme les artichauts en barigoule ; la daube ; les pieds et paquets les alouettes sans têtes et bien sûr la bouillabaisse. »
Delphine a assisté à l’évolution de la cuisine et aux changements positifs au sein de ce milieu « je trouve que ça évolue vraiment dans le bon sens, les femmes Cheffes à Marseille sont très présentes ! Je crois qu’on est même la ville où il y en a le plus ? Je les connais un peu même si je suis la plus ancienne de toutes ! Il y a vraiment une bonne ambiance entre nous. »

Coline Faulquier chez Auffo

Révélée au grand public lors de Top Chef en 2016, Coline Faulquier s’est rapidement imposée comme une cheffe d’exception, portée par une cuisine « gourmande, féminine, ensoleillée, généreuse et précise ». Son premier grand projet, Signature, ouvert en 2019 dans le 8e arrondissement de Marseille, fut récompensé d’une étoile Michelin, symbolisant son engagement pour une gastronomie exigeante, vibrante de saveurs. Aujourd’hui, Coline franchit une nouvelle étape avec Auffo, son restaurant niché au cœur du Vallon des Auffes. Ici, elle réinvente l’adresse mythique de l’Épuisette avec une cuisine moderne et marine, où les produits locaux dialoguent dans des assiettes inventives et lumineuses. Le restaurant accroché aux rochers face aux îles du Frioul, sublime chaque service, offrant une expérience où la mer n’est jamais loin. À travers ses adresses successives, Coline Faulquier illustre avec finesse la manière dont une femme cheffe peut imprimer sa vision dans une ville comme Marseille : audacieuse, sensible aux racines locales et ouverte sur l’horizon méditerranéen.

Des Etoiles et des Femmes et Meet My Mama

A Marseille, Des Etoiles et des Femmes est un dispositif qui accompagne depuis 2015, et chaque année, 12 femmes éloignées du monde de l’emploi, dans l’obtention d’un CAP Cuisine au lycée hôtelier de Bonneveine. L’association Festin, fondatrice du projet, travaille sur les différents freins au diplôme pour ces femmes, comme la mobilité, la garde d’enfants, l’accès aux droits, ou la confiance en soi. Elles sont en alternance dans 12 restaurants choisis pour leur bienveillance et leur inclusivité.

Meet my Mama est une start-up de traiteur engagé et une association qui aide les femmes à développer leur activité traiteur et à devenir entrepreneure. Après Paris, ils ont ouvert une branche à Marseille et Meet My Mama compte aujourd’hui 6 femmes de toutes les origines (marocaine, algérienne, comorienne, indonésienne). Meet my Mama leur propose du coaching toute l’année avec l’apprentissage de compétences techniques et de gestion d’entreprise. Via la start-up de traiteur, les mamas travaillent également en proposant des voyages culinaires lors d’événements d’entreprises.