Galerie du tableau

Exposition Frédéric Clavère

Culture, Exposition, Peinture à Marseille 6ème
  • Exposition de Frédéric Clavère

  • Peintures grises

    Je ne suis ni noir, ni blanc, ni homme, ni femme, je ne suis ni riche, ni pauvre, ni victime, ni bourreau, je ne suis ni différent, ni indifférent, ni sexuel, ni asexuel, ni beau, ni laid, ni papou mais papa, ni jeune, ni vieux et je vais mourir un jour, je suis un artiste.
    Il y a trois ou quatre ans, on m'a proposé une exposition dans une ancienne chapelle à Chalon-sur-Saône. Je ne sais pas bien pourquoi, j’ai commencé à imaginer une série de peintures grises ou, en...
    Peintures grises

    Je ne suis ni noir, ni blanc, ni homme, ni femme, je ne suis ni riche, ni pauvre, ni victime, ni bourreau, je ne suis ni différent, ni indifférent, ni sexuel, ni asexuel, ni beau, ni laid, ni papou mais papa, ni jeune, ni vieux et je vais mourir un jour, je suis un artiste.
    Il y a trois ou quatre ans, on m'a proposé une exposition dans une ancienne chapelle à Chalon-sur-Saône. Je ne sais pas bien pourquoi, j’ai commencé à imaginer une série de peintures grises ou, en noir et blanc, comme disent les photographes - en peinture c’est le gris qui compte pour beaucoup. En fait, le gris me permettait de créer une unité artificielle à des images disparates que j’avais en tête avec peut être la possibilité d’un récit, de correspondances surprenantes. Certaines de ces peintures sont des reproductions d’une photo trouvée, certaines empruntées au cinéma muet du début du siècle dernier, d’autres relèvent du collage et du détournement. J’y travaille durant une année. Une douzaine de tableaux émergent; j’ai hâte de voir ce que va donner l’ensemble.
    Mais voilà qu’un virus explose comme des popcorns un peu partout dans le monde et on arrête tout, on rentre à la maison et on se revoit dans un an. Entre-temps des élections municipales ont lieu et Chalon change de camp. Comme pour certains la démocratie consiste à frotter ses fesses sur les rideaux pour faire partir l’odeur du précédent locataire, l’exposition est tout simplement annulée sans m’en informer ni répondre à aucun de mes courriers. Pourquoi raconter cette histoire? Un peu pour un résidu de colère et de frustration. Pour me plaindre? Non, ces gens-là n'existent plus, ils se sont disqualifiés, je ne me rappelle même plus de leurs noms.
    Pour l’édification de la jeunesse? Ah, ah, ah! Pourquoi pas? Sans doute mon penchant professoral. Et qu’il faut sans doute toujours se préparer à être confronté au mépris, à la bêtise, à la lâcheté, au conformisme, à la rapine qui sévissent dans ce qu’on appelle le milieu de l’art contemporain. Nous connaissons tous des histoires similaires; un petit sourire, une baffe, un crachat, une tape dans le dos, un croche-pied, je te fais les poches etc…
    Et parfois soudainement comme une prise de conscience collective, des cris d’orfraie s’élèvent « mon Dieu! Mais qui sont ces artistes aux couleurs bigarrées, à la personnalité si parfumée que nous avions abandonné au bord de l’autoroute l’été dernier! » , comme si la culpabilité et l’opportunisme rendaient intelligent, et là tombe une pluie de caresses, de bonbons et de billets qu’on glisse rougissant dans le corsage de ces mêmes artistes autrefois ignorés, méprisés, ostracisés. Mieux vaut arriver à l’heure!
    Revenons à cette exposition maintenant. De cette série de peintures grises qui dorment à l’atelier depuis deux ans, j'ai choisi d’en montrer trois qui me semblent représentatives. Trois pour trois murs. Chaque exposition à la Galerie du Tableau représente un chapitre important de mon travail. Que ce soit l’orgie amoureuse dans un incendie pictural réalisé en 2000 au format de la galerie soit une toile de 12,5m sur 2,5m de haut (« Fire delights in ils form », toile volée en 2006). Plus récemment un Fric-Frac pictural avec faux Picasso et cambrioleuse à moustache façon chat de gouttière.
    Merci à Bernard Plasse, le chevalier noir de Sacré Graal qui même sur un jambe manie l’épée et taille en pièces les conformismes et les esprits chagrins. Lundi toujours !

    Vernissage le lundi 6 février à 18h
  • Langues parlées
    • Français
  • Tarifs
  • Gratuit
Horaires
Horaires
  • Du 6 février 2023 au 18 février 2023
    Ouvert Le Lundi, Le Mardi, Le Mercredi, Le Jeudi, Le Vendredi, Le Samedi
    * de lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 19h. Le samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h
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