



















En randonnée dans le parc national des Calanques, on traverse des zones boisées tout comme des espaces dépourvus totalement de végétation. Emportez absolument de quoi vous protéger du soleil (crème et chapeau), du vent et suffisamment d'eau potable pour tous les marcheurs (chien y compris). Aucune fontaine ou source d'eau.
1Vallon de la Jarre
Il est niché sur le versant nord du massif des Calanques et offre un paysage unique. Il est composé de deux parties. Une basse, composée de pinèdes sur sable et une partie haute, qui abrite de véritables dunes. Cette particularité de retrouver du sable à l'intérieur des terres est remarquable, habituellement réservée aux zones côtières. Malheureusement, la beauté de ce lieu a été abîmée par la multiplication d'aménagements illégaux tels que des bosses, des tremplins et des circuits destinés à la pratique du saut en VTT. Ces constructions clandestines ont un impact destructeur sur l'écosystème, altérant le milieu naturel par les coups de pelles et le passage répété des vélos. Pour préserver la richesse écologique du vallon, le Parc national des Calanques a engagé un dialogue avec les VTTistes pour les sensibiliser à l'importance de protéger le site et de leur rappeler fermement l'interdiction de créer de tels aménagements.

2Fontaine de Voire
De tous temps, les hommes ont fréquenté ce site symbolique du massif de Marseilleveyre car c’était un point de passage pour rejoindre la mer. La fontaine se trouve dans une sorte d’abri sous-roche, dominée par une haute falaise calcaire. Les modifications apportées au fil du temps ont altéré l'aspect initial du site. Bien que la résurgence soit désormais clairement visible depuis le sentier, cela n'a pas toujours été le cas. Auparavant, un lierre gigantesque créait un contraste frappant dans ce paysage sauvage. Le débit de l’eau fluctue fortement en fonction des saisons. L’eau est recueillie dans deux réservoirs, le second alimenté par la surverse du premier. Mais de nos jours, c’est bien rare qu’ils fassent le plein. De plus les bergers des Calanques ont disparu et il n’y a plus de moutons à abreuver. Seule la faune sauvage et les chiens des randonneurs profitent encore de la possibilité de se désaltérer ici. Le nom Voire est en lien avec une ferme située autrefois en contre-bas. André Voire, docteur du proche village de Mazargues aurait vécu ici entre le 17ème et 18ème siècle, et il aurait donné son nom au vallon, à la fontaine et à une bergerie aujourd’hui disparue. Pour découvrir tous les détails de ce lieu exceptionnel, nous vous invitons à lire le chapitre détaillé dans l’ouvrage “Il était une fois dans les calanques, les dossiers secrets des Calancoeurs”.
3La grotte Dechaux
Ces deux grands trous à flanc de roche qui éclairent une grotte, portent le nom d’un certain Xavier Dechaux. L’histoire de sa vie, intimement liée aux calanques cache un destin extrêmement tragique. L’homme est né à Sisteron le 22 mai 1824. Son père, qui exerce le métier de douanier est affecté au poste de douane de la Madrague de Montredon lorsqu’il a 8 ans. C'est en l’accompagnant lors de ses rondes, que Xavier semble avoir découvert les sentiers et les sites emblématiques des Calanques. Plus de trente-cinq ans après, il y retourne pour laisser son empreinte en gravant son nom à divers endroits du massif de Marseilleveyre. Son destin est marqué par la tragédie, car au long de sa vie, le sort s’est inexorablement acharné sur lui. Tourneur sur bois de métier, iI se marie à Marseille à l’âge de 25 ans avec une fille de douanier. Le couple eut 7 enfants nés entre 1850 et 1861. 6 d’entre eux furent déclarés mort-nés ou décédés très jeunes. En 1861 leur 7ème enfant, François, survit, mais en 1862, Xavier perd sa femme âgée de 37 ans. Alors que Xavier est veuf et père d’un bébé de 18 mois, le petit dernier perd la vie à son tour. Xavier a alors 39 ans et toute sa famille est décimée. En sachant qu’il a aussi perdu sa mère à 14 ans, son père à 24 ans et un frère lors de la guerre de Crimée. Il retourne alors vivre à Sisteron, où il entame la gravure de poèmes dans les montagnes environnantes. On retrouve sa trace à Marseille en 1864. Cette date marque le commencement d'une errance mystique de quatre ans, au cours de laquelle il laisse son empreinte à travers ses gravures sur roche dans les Calanques. Dans un recoin de cette grotte difficile d’accès, sommairement aménagée, équipée de quelques objets, la police découvre dans un trou en forme de tombe, un cadavre en état de décomposition. C’est Xavier Dechaux. L’homme a planifié sa mort, gravé sa plaque mortuaire sur laquelle il décline son identité et se tire un coup de pistolet en pleine face. De peur de se rater, il s’était mis une corde autour du cou. Aujourd'hui, le territoire du Parc national compte une dizaine de gravures, parmi lesquelles figure un poème d'amour dédié à Marseille, gravé au sommet de Marseilleveyre. Il y aurait encore beaucoup à écrire sur Xavier Dechaux. Notamment sur le texte énigmatique, composé uniquement de lettres initiales que l’on retrouve sur la plaque de marbre. Les membres de l’association les Calancoeurs ont mené une formidable enquête, bien détaillée dans leur ouvrage.
4Plateau de l'homme mort
Ce lieu-dit correspond au sommet du vallon de l'homme mort, dans la prolongation du vallon de la Jarre, après la fontaine de Voire. Il surplombe toutes les calanques du côté sud et est. Certains pensent que cette appellation est liée au destin d’un berger qui aurait été trouvé endormi, puis mort adossé contre un pin, par un pêcheur qui passait chaque jour au sommet pour se rendre à la calanque de Podestat. Cette histoire est tirée d’un des romans d'Ely Boissin, un auteur marseillais qui vit depuis toujours à Mazargues et elle a été inventée de tout pièce. Il est nettement plus plausible de croire que ce nom vient de Xavier Dechaux et de son suicide en 1868, si l'on se fie aux recherches et découvertes des Calancoeurs. Encore eux ! La vie et l’œuvre de Xavier Dechaux ne peuvent vous laisser indifférents. Ils avancent comme preuve que jusqu'au milieu du XIXème siècle, sur les cartes, le vallon au-dessus de la grotte et le plateau qui la domine étaient nommés "le vallon de l'homme" et la "teste de l'homme". Ce n'est qu'à partir de la fin du XIXème siècle que l'on voit apparaître sur les cartes le nom de "vallon de l'homme mort" et de "plateau de l'homme mort". En 1868, la découverte du corps de Xavier Dechaux et de son suicide, mis en scène de façon très macabre, a fait grand bruit dans le village de Mazargues. Les habitants en ont parlé certainement pendant des décennies. Et aujourd’hui encore, ce drame reste vivace dans les mémoires des anciens.
6mur de séparation
Ce mur qui s’étend depuis le vallon de la Jarre et serpente jusqu’ici, servait autrefois de délimitation du périmètre de la propriété du château du Roy d’Espagne (aujourd’hui disparu). Si vous marchez avec des anciens du quartier, ils le désigneront peut-être comme "mur de Barry", en référence avant la seconde guerre mondiale, à l’ancien propriétaire du domaine du Roy d'Espagne. Ce mur clôturait l’immense propriété jusqu'au bout des collines. En période de chasse à la perdrix, du faisan ou du lièvre, il revêtait toute son importance pour conserver les espèces sur son terrain et les empêcher de fuir chez les voisins.... Une époque quasi révolue.